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[TEST] Wolfenstein 2 – The New Colossus

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Après avoir ressuscité Wolfenstein en 2014, Machinegames tente de lancer sa carrière en nous proposant la suite des aventures de Blazco le barjo. Préparez-vous, ça va saigner !

Les apparences sont parfois trompeuses

« L’habit ne fait pas le moine ». Cet adage populaire résume parfaitement l’expérience proposée par Wolfenstein The New Colossus. Car sous sa violence apparente et sa parodie grandiloquente des films de série B, l’œuvre du studio Machinegames dissimule une certaine subtilité. Plus profonde que son aînée, cette suite double son superbe gameplay d’un véritable propos, d’un fond riche de sens. Rien que dans le traitement de son personnage principal, le soldat B.J Blascovitz, l’opus surprend. Jusqu’ici cantonné au statut archétypal d’action-heros psychologiquement froid et hermétique, notre cher ami gagne en profondeur. Au cours de l’intrigue, il s’étoffe, s’humanise au fil de flash-back très bien réalisés levant le voile sur une partie de son enfance. Une enfance froide et virulente marquée par l’éducation d’un père violent aux idéaux racistes.

La propagande de Wolfenstein 2

Adepte de violence infantile, le patriarche n’hésite pas à maltraiter sa femme juive et à réprimer sévèrement son jeune fils lorsqu’il le découvre en train de fricoter avec ce qu’il appelle « une nègre ». Mère juive, amourette avec une afro-américaine, les thématiques « raciales » sont babillement abordées, intégrées au récit. Ce back-ground donne une consistance non-négligeable au personnage principal en justifiant son stoïcisme. Tributaire d’un passé douloureux, notre héros est devenu un dur à cuire. Renfermé sur lui, il inhibe ses sentiments et sa haine des nazis lui sert d’exutoire. Autant au niveau psychologique que physique, le stéréotype du super-soldat immortel est en partie déconstruit. L’homme robuste et musculeux du précédent opus a perdu de sa superbe. Suite à son affrontement avec un dignitaire nazi appelé « le boucher » à la fin de The New Order, notre protagoniste a gardé de douloureuses cicatrices. C’est d’ailleurs en fauteuil roulant que l’on amorce notre aventure. Une aventure dont les débuts sont éprouvants. Blascowitz étant physiquement en piteux état, notre barre de vie est réduite une bonne partie du jeu à 50% de sa capacité. Les vestiges de notre puissance passé nous poussent au départ à foncer joyeusement dans le tas. Et puis les morts s’enchaînent et très vite, on réalise que notre robustesse n’est plus ce qu’elle était, que l’on doit faire attention. Nous ne sommes plus la figure de prédateur tout puissante que nous étions. Pendant une grande partie de l’histoire, notre faiblesse nous pousse à innover, ruser. Dans notre état, il est parfois judicieux de savoir se faire discret pour sauver sa vie et accomplir les missions.

Choisissez votre approche

Foncer tête baissée n’est pas toujours une stratégie payante. Bien souvent, la robustesse de nos adversaires couplée à leur supériorité numérique a raison de notre charge intrépide. Dans ce genre de cas, un peu de finesse s’impose. Le gameplay infiltration nous propose diverses options pour tenter une traversée sereine des lignes ennemies. Le système d’amélioration des armes permet par exemple de doter de silencieux certaines de nos pétoires de façon à abattre les sentinelles en toute quiétude. Mais faire parler la poudre n’est pas toujours nécessaire puisque Blascowitz dispose d’une hache bien pratique pour abattre les soldats nazis silencieusement. Cette arme peut au choix être projetée dans un ennemi à distance ou utilisée au corps-à-corps pour assassiner de dos un garde en faction. Autant vous dire que ce type d’exécution est assez tachante, car quand il tue du nazi, Blasco le Barjo le fait avec style et n’hésite pas à couper jambes et têtes à tour de bras ! Si elles sont sympathiques, les séquences d’infiltration manquent de finitions. L’intelligence artificielle ratée des ennemis rompt parfois l’immersion tandis que les niveaux ne proposent pas suffisamment de chemins favorisant cette méthode discrète.

Nous sommes donc parfois contraint d’utiliser la force brute ! Et tant mieux car c’est dans ses fusillades que le jeu révèle toute sa saveur. Armé d’une arme dans chaque main, on décime joyeusement les hordes de soldats qui déferlent sur nous dans un spectaculaire feu d’artifice sanglant. L’hémoglobine fuse de toute part tandis que les corps inanimés de nos ennemis retombent démembrés sur le sol, écrasés par notre puissance de feu incroyable. Petite nouveauté de cet épisode, il est possible d’équiper une arme différente dans chaque main, là ou le précédent opus imposait des duos d’armes identiques. Équiper un pistolet silencieux et une mitraillette permet par exemple de parer à toutes les situations et de passer de l’infiltration à l’action en un clin d’œil. Seul petit bémol, le menu de sélection d’armes pour chaque main est assez brouillon et difficile à utiliser en plein combat, alors que l’urgence de la situation nécessite un changement rapide d’équipement. Malgré ce défaut, les joutes restent superbes, mémorables. En plus de leur mise en scène épique, elles proposent un challenge élevé. Les hordes hostiles combattues ne se laissent pas faire et il faut mettre à contribution réflexes et sang-froid pour sortir vainqueur de ces combats aussi musclés qu’éprouvants. Véritables défouloirs, les fusillades offrent des séquences époustouflantes rythmées par une musique rock incroyable qui amplifie le dynamisme du carnage. Un peu comme dans DOOM, b.o et gameplay marchent en connivence pour happer le joueur dans de furieuses bastons !

Un véritable propos

Sous ce gameplay brute de décoffrage l’œuvre de Machinegames cache un véritable propos. Sous certains aspects, le titre ressemble à un pamphlet de l’Amérique moderne de Donald Trump. Une chose qui  saute particulièrement aux yeux lors de la mission au Nouveau-Mexique dans laquelle le joueur se retrouve propulsé dans une ville régit par les nazis. Les ruelles sont décorées de drapeaux arborant des croix gammées tandis que les membres du Klux Klux Klan marchent librement dans les ruelles, drapés de leurs habits de cérémonie. Cette vision effarante n’est pas sans rappeler la récente manifestation à Charlottesville aux Etats-Unis qui avait vu son déroulement perturbée par l’arrivée de suprémacistes blancs drapeaux nazis au poing. En plus de proposer un humour grandiloquent et des scènes burlesques mémorables, le titre à l’intelligence d’esquisser discrètement un satyre social et de traiter, toujours avec justesse et intelligence de thèmes raciaux encore d’actualité. Derrière son action grandiloquente, le jeu instille des messages, des pistes de réflexion. The New Colossus parvient à allier force brut et subtilité. Et c’est admirablement fait !

Wolfenstein 2 kkk

Le KKK dans Wolfenstein 2

Conclusion

The New Colossus est un incontournable. Vous devez y jouer ! Ses situations improbables et burlesques dressent une hilarante parodie des films de série B. On se délecte des trouvailles artistiques et comiques dévoilées par chaque nouvelle cinématique et on prend son pied et butant des extrémistes par parquets de cent. Mais la véritable force du jeu réside dans la profondeur de sa trame qui parvient à intégrer habilement des thèmes de réflexion. Réfléchir en se défoulant, voilà un concept qui nous plaît bien !

Paul Dimajo
Rédigé par
Fan inconditionnel de jeux vidéo et d'écriture, j'ai décidé d'allier mes deux passions en devenant rédacteur. Ah oui et j'affirme que le jeu vidéo est un art !

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